Peur et Amour

Parfois nous sommes empêtrés dans nos peurs qui collent à nos semelles comme de la glue et nous empêchent d'avancer.

Ces peurs, ces craintes d'avoir mal (car c'est de ça qu'il s'agit), croient nous protéger (c'est là le rôle de l'inconscient: nous maintenir en vie).

Elles sont comme les remparts d'un château. Parfois si grandes que tout est bouclé et il ne reste que des issues souterraines! Les échanges avec les autres, l'extérieur, le renouveau, s'en trouvent restreints.

Et dans l'excès, toute personne extérieure est d'abord vue comme un ennemi potentiel !

Ainsi, les troubadours, porteurs de joie, légèreté, rire, poésie et amour, peuvent être repoussés plus ou moins violemment.

Certains voient même quelque chose d'anormal dans la joie: la norme étant d'avoir peur et de bien garder en mémoire ses souffrances qui lui donnent racine.

Après avoir écouté par sa fenêtre un chant d'Amour qui touche notre coeur, nous nous calfeutrons, comme si c'était le chant des sirènes:" restons sérieux! Mon coeur bat trop vite, il chauffe, il vibre, on dirait qu'il est doré: DANGER! Warning! Un peu de morosité s'il vous plaît, ça siert bien à mon teint blafard et sans vie !"

Même si certains jouent les troubadours, il est possible qu'en eux, ce soit ainsi, bien barricadé. Et la lumière n'entre que diffuse et opaque. Sous des aspects de liberté, ils sont tout autant emprisonnés que les châtelains et leurs murailles de peurs.

Parfois plus conscients de la vulnérabilité que nécessite un coeur ouvert, leurs barrières se révèlent plus tenaces car elles semblent appartenir au paysage intérieur et se confondent aux plantes enchevêtrées qui les masquent et dont ils aiment le parfum mélancolique auquel ils s'accrochent; restants sourds à leur ressenti profond qui fait tressauter leur poitrine en souffrance de ne pouvoir exulter de joie, ils choisissent la "maitrise": un chemin connu, rigide et tracé comme une autoroute, plutôt qu'une ouverture vers "on ne sait quoi de périlleux", puisqu'on donne accès à l'autre en ce lieu si précieux: le coeur.

Nos peurs, celles qui nous entravent, (pas celles qui sont réellement nécessaires comme la peur d'une bête féroce !), nécessitent d'être vues; acceptées; puis, comme on débroussaille ses barrières avant de les enlever, on retrousse ses manches pour se donner la chance d'y voir plus clair en soi, d'être plus serein, plus accueillant, et par là même, de s'ouvrir à d'autres émotions, d'autres ressentis. Découvrir est tellement exaltant ! C'est comme si on se sentait plus vivant !

Marlène Tchang, le 10.09.2015

 

 

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